( 4 novembre, 2007 )

Un visage Ss Image 1

  PREMIERE PARTIE

 

« CRISTAL »

 

CHAPITRE I

15 ans plus tôt, dans un monde inconnu de tous vivaient des hommes et des femmes dans des royaumes différents, gouvernés par des rois ou des reines. Cet univers n’avait pas les mêmes lois que nous. Parmi eux, il existait une lignée qui régnait sur le pays de la nuit et qui avait une soif incessante de pouvoir comme beaucoup d’humains que nous connaissons. Tous les autres souverains mettaient tout en oeuvre pour éviter que la planète soit un jour entre les mains d’un de ces parvenus.

Depuis des siècles et des siècles, ils se battaient ensemble pour préserver la liberté de leurs peuples. Ils arrangeaient les mariages avant même que leurs enfants ne sachent marcher et parler. Ils ne voulaient pas d’union avec cette famille. Ainsi, son ascension était difficile, pratiquement impossible. Un jour, à force de persévérance, ils réussiront à débarrasser leur monde de ces monstres.

Mais, quand ?

Par contre, dans le royaume des lumières, habitait un roi et une reine plus connus sous le nom de Michel et d’Elizabeth qui étaient énormément aimés par leurs sujets. Ils étaient bons et généreux. Ils n’émettaient aucun jugement sur quiconque. Cependant, la seule chose qu’ils réclamaient en échange, était un total respect des lois.

Ce qu’ils ignoraient encore, c’est qu’ils seraient les premiers à les contourner…

 

*

* *

 

Cinq femmes s’affairaient autour d’un grand lit. La plus âgée donnait des ordres aux plus jeunes. Habillée d’un tablier blanc devenu rouge, elle paraissait plus sévère qu’elle ne l’était. Les autres n’étaient que de simples débutantes, mais leur présence auprès de la reine était plus qu’importante. Anna était la seule à parler à la souveraine avec dureté pour que cette dernière lui obéisse. Elle aidait tant bien que mal la jeune mère en appuyant sur le ventre arrondit, mais ne pouvait rien faire de plus.

Pendant ce temps, une des apprenties mettait régulièrement des compresses chaudes sur le front humide de la patiente. Elle les trempait dans une bassine d’eau bouillante qu’elle changeait toutes les heures. Incapable de bouger le chaudron seule, elle faisait appelle à une autre nourrice. Néanmoins, elles avaient beaucoup de difficulté à faire leur travail. Cette   dernière surveillait l’eau pour que celle-ci ne soit pas trop chaude. Elle lavait et étendait devant la cheminée les draps rougis par le sang que les deux autres femmes changeaient. Elles devaient jouer de patience pour faire leur travail, car faire trois choses en même temps n’étaient pas si simples. Elles devaient soulever la mère, et retirer les draps sales pour en mettre aussitôt des propres. Autrement, elles assistaient Anna. Par chance, l’enfant qui attendait déjà dans le couffin, dormait paisiblement.

Chacune d’elles essayait par tous les moyens d’aider Elizabeth. Toutefois, l’accouchement se déroulait au plus mal et elle était à bout de force. Malgré le fait qu’elle n’en pouvait plus, elle fit un effort surhumain que seule une femme était capable de comprendre. Elle termina le travail en un temps qui lui parut interminable mais les pleurs de son deuxième enfant lui firent oublier la souffrance.

La soeur du nouveau-né se réveilla et se mit à crier à son tour à en déchirer les tympans. Anna lava celle qui venait de naître et la déposa à côté de sa jumelle après l’avoir emmitouflée d’une fine couverture. Les bébés se turent, heureuses de se retrouver après une si longue séparation. Elles se fixèrent avant de rire aux éclats. Curieuses, elles se touchèrent chacune leur tour avec leurs petites mains qu’elles avaient réussi à sortir de sous le tartan qui les recouvrait chaudement. Elles jouèrent sous les yeux admiratifs des nourrices qui virent leurs fossettes rosirent de bonheur face à cette nouveauté.

Ces simples gestes d’enfants attendrirent les spectatrices qui se résignèrent malgré tout à les séparer pour que leur mère puisse les voir avant de s’endormir.

On les déposa à côté de la jeune reine qui pleura de joie au premier regard. Ses filles s’approchèrent aussitôt d’elle en rampant aidées des bras bienveillants d’Anna. Les jumelles reconnaissaient la femme qui les avait mises au monde. La plus calme des deux observait avec effarement les faits et gestes de sa soeur qui était plus turbulente. Elizabeth n’eut aucun mal à leur trouver un nom. Elle appela Ida, celle qui lui parut la plus sage et Cristal, l’insoumise.

Les domestiques jugèrent préférable de les laisser ensemble quelques minutes mais elles gardèrent un oeil attentif sur les petites pour prévoir une éventuelle chute. Elles préparèrent le berceau qui pouvait sans difficulté contenir deux nouveau-nés. Elles retournèrent auprès de leur souveraine afin de s’enquérir des prénoms. Elles adorèrent sincèrement le choix qu’avait fait la mère.

En effet, dans ce monde, les femmes choisissaient le nom de leurs filles, et les hommes celui de leurs fils comme le voulait la coutume. Si le parent devant désigner l’identité de son enfant n’était plus de ce monde, ce dernier prenait celui du défunt. Une autre coutume imposait que le père patiente dans la pièce voisine pendant que son épouse accouchait et qu’ensuite, elle se soit reposée. Il ne pouvait entrer, ni savoir le sexe du bébé avant que tout soit mis en ordre. L’apparence comptait beaucoup.

Les nourrices couchèrent la mère et les petites qui s’endormirent aussitôt, trop fatiguées pour rester éveillées plus longtemps. Les servantes profitèrent de leur sommeil pour ranger la chambre. Toutes les traces de sang disparaissaient à leur passage. Les meubles brillaient de nouveau dans toute leur splendeur, les rideaux étaient tirés et les bougies se consommaient lentement éclairant à demi la pièce. Ainsi les travailleuses nettoyaient sans omettre les moindres recoins tout en se relayant pour réapprovisionner le feu afin de conserver une température ambiante.

Elles plièrent les draps secs et les rangèrent dans l’immense armoire, puis, elles lavèrent et étendirent ceux qu’elles venaient de changer. Ainsi, la souveraine se reposait dans un lit propre. Les fillettes ne se rendirent pas compte qu’on leur avait mis une couche dans la même matière que leur drap. Elles ne portaient aucun vêtement, mais elles étaient réchauffées par l’épaisse couverture qu’Anna avait posée sur elles.

Les domestiques purent prendre leur pause tant méritée. Elles guettèrent chacun des mouvements des dormeuses pour parer à toutes éventualités. Elles ne voulaient pas essuyer les pleurs incessants des jumelles tout de suite, elles désiraient récupérer leur souffle et se remettre de ces pénibles heures tout comme leur mère.

Epuisé après tout le travail qu’elle venait de fournir, Elizabeth évoluait maintenant heureuse dans un autre monde. Elle dormait dans un paisible sommeil sans se rendre compte de l’agitation qui l’entourait. C’était une très belle femme d’une douceur incomparable. Ses yeux d’un bleu intense ne voyaient que la beauté. Même la fatigue ne gâchait en rien le tableau qu’elle formait là allongée sur son lit éclairé par une douce flamme. Ses cheveux noirs ondulés encadraient son parfait visage aux traits fins et délicats.

 

Le roi se soumit bien malgré lui à cette règle et patienta dans la pièce adjacente attendant que son entrée fût autorisée. Il resta des heures dans l’antichambre avec des amis privilégiés sans s’apercevoir de leurs présences, espérant qu’on daigne venir rapidement lui dire ce qu’il en était. Il priait depuis si longtemps d’avoir un descendant qu’il avait peur d’essuyer un nouvel échec. Son soulagement fut au-delà de toute espérance quand il entendit à plusieurs reprises les pleurs d’un bébé. Mais il devait encore vivre dans l’incertitude pendant un long moment.

Durant les premiers instants, seuls les cris de sa femme traversaient la cloison avec plus de violence à chaque fois. Il faillit perdre la tête, mais ses amis le soutenirent moralement ayant déjà subit ses horribles tourments. Le silence prit lentement sa place et rassura quelque peu Michel. Ses yeux le piquaient à force de fixer la porte qui restait indéniablement fermée. Personne n’entra, mais personne ne sortit, à son grand désarroi.

Ses yeux verts clignèrent d’épuisement car l’attente réclamait de sa part une très grande concentration. Son visage autoritaire forçait à l’obéissance, mais cela ne lui servait à rien à ce moment-là, le protocole ne se contournait pas et il devait plier. Sa grande taille défoncerait aisément d’un coup d’épaule n’importe laquelle des portes mais il ne franchira pas le sienne. Uniquement son regard le trahissait, il dévoilait une très grande bonté. Pour faire honneur à cet heureux événement, il avait revêtu ses plus beaux atouts et coiffé à la perfection ses courts cheveux brins.

Après dix-huit heures de patience, il entra enfin dans la chambre. Il vit sa femme, belle comme le jour, ne portant aucune trace de fatigue. Elle était assise dans son grand lit, ne pouvant se lever tout de suite. Elle paraissait plus fragile qu’une poupée en porcelaine. Il s’approcha d’elle et l’embrassa devant les cinq femmes, alors que le protocole l’interdisait. Mais par ce geste, il prouvait que dans son coeur elle possédait une place considérable. Ils étaient trop heureux pour s’arrêter à ces fadaises. Il la serra dans ses bras et lui demanda si elle allait bien. Ses cris lui avaient déchiré le coeur, toutefois, il fut vite rassuré grâce à la franchise coutumière de son épouse :

- Ca a été dur, mais elles sont là, et c’est le principal.

- Elles ? s’exclama-t-il d’un air soucieux.

- Oui, ce sont des filles.

- Des filles ?

La fatigue qu’il avait accumulée s’estompa aussitôt. Il se pencha sur le berceau et les vit. Les jumelles venaient de se réveiller. Elles baillaient d’avoir trop peu dormi à leur goût. Au lieu de crier de joie, comme l’avait espéré Elizabeth, il devint livide. Les servantes voulaient partir et les laisser en famille mais elles n’en avaient pas reçu l’ordre.

Ne comprenant pas réaction, la jeune mère ordonna une explication sur le champ sur un ton qu’on ne lui connaissait pas. Elle était sur le point de fondre en larmes, mais elle garda le contrôle de ses nerfs. Elle le fixait avec une telle insistance qu’il baissa la tête quand il s’en aperçut. Il s’approcha d’elle et la pria de le pardonner pour sa maladresse. Sans en savoir davantage, elle l’excusa, cependant, elle poursuivit son interrogatoire.

Il se leva, ne pouvant rester en place. Il marcha un long moment de long en large, avant de se placer devant la fenêtre. Il regarda au loin sans rien voir du splendide paysage qui s’offrait à lui. Dans un mouvement de colère incompréhensible, il se mit à insulter les lois, sans réaliser qu’il choquait les femmes présentes. Elles sursautèrent en même temps. Il s’en rendit compte et s’excusa. Il baissa la tête, tapa du poing sur le mur et parla.

Dans le monde ou ils vivaient, rares étaient les doubles naissances. Des siècles auparavant, les sorciers dictaient eux-mêmes les lois. Ils décrétèrent que le second né d’une même naissance n’était composé uniquement que des restes du premier. Il représentait le mal incarné. Mais les rois et les reines avaient repris le pouvoir trois siècles plus tôt et tout avait changé. Les malédictions n’étaient plus de mises. Les anciennes lois avaient été modifiées, sauf quelques exceptions. La loi de l’héritage était une d’elles. Elle interdisait la survie du second jumeau ou jumelle né. Si cela arrivait, on le tuait.

Michel se tourna et rejoignit Elizabeth. Elle se souvenait de ces lois cruelles pour les avoir étudiées dans sa jeunesse. Son bonheur se brisait en mille morceaux. Des larmes coulèrent à flot sur leurs joues. Elle voulut parler mais il l’empêcha avec son doigt. Il posa son front sur le sien, la fixant droit dans les yeux. Ils avaient peur d’effectuer un choix aussi cruel. Chacun d’eux désirait hurler sa douleur mais ils gardèrent le silence qui exprimait toute leur peine. Ils restèrent longtemps immobiles, cherchant par tous les moyens une échappatoire, hors, rien ne leur vint. De plus, les nourrices savaient tout, elles étaient…

<< Mais non, elles ne sont pas parties >> pensa-t-il avec espoir. Ils avaient peut-être encore une chance de la sauver. Mais il ne savait que faire. Ses idées étaient embrouillées par le chagrin. Il se leva, alla voir ses filles et demanda à Anna.

- Laquelle est née la première.

- Ida, altesse.

- Ida ? Et je ne sais même pas leurs prénoms, s’aperçut-il dans un grand désarroi.

- Ida est la plus calme, elle ressemble à sa mère, l’autre, c’est Cristal, elle vous ressemble, altesse.

- Je ne veux pas que tu …

Elizabeth était trop bouleversée pour terminer sa phrase.

- Moi non plus, mais il le faut.

Il était aussi désespéré qu’elle, mais que pouvait-il faire ? Il avait toujours régné en suivant les règles que lui dictaient les lois, en étant bon et généreux à la fois. Il n’avait jamais contourné l’une d’elle pour son bien-être personnel.

La jeune mère insista pour qu’il trouve une solution pour empêcher ce désastre. Elle n’arrivait pas à s’imaginer la perte d’une de ses filles que ce soit Ida ou Cristal. Il ne lui résista pas. Il l’aimait et la voir souffrir lui brisait le coeur mais il le faisait aussi pour elles, ses filles, leurs filles. Il persista une nouvelle fois en disant que c’était son devoir, néanmoins, elle rétorqua avec véhémence :

- Pour toi, tuer ta fille est montrer le bon exemple.

Il plia trop triste pour ignorer un argument qu’il estimait tout à fait justifié. Il ressentait la même chose que sa femme, mais il essayait de jouer son rôle de roi. Il resta pensif devant le regard riant de ses bébés. Il ne pensa qu’à trouver une solution mais n’en découvrit aucune de valable. Il passa à l’action plus rapidement que l’aurait cru la mère. A l’inquiétude de son visage, elle comprit qu’il souffrait autant qu’elle et que sa position sociale n’était plus un atout, c’était devenu un fardeau insoutenable.

Il se tourna vers les domestiques et leur demanda de rester. Il était heureux de ne pas les avoir congédiés dès son arrivée. Il ne pouvait rien faire sans qu’elles donnent leurs avis. Elles connaissaient toute la vérité et l’avenir de leur fille, Cristal, dépendait de leur choix. Il fallait qu’il expose les faits tout de suite sans plus tarder. Elles seules prendront une décision objective, enfin presque. Les parents étaient incapables de décider pour la vie de leurs enfants, personne ne le pouvait, s’ils aimaient leurs fils ou filles.

Les nourrices ne prirent même pas la peine de réfléchir. Leur réponse était toute faite. Elles étaient mères. Elles n’avaient jamais ressenti la douleur de perdre un enfant mais elles ne le souhaitaient à personne. Elles acceptèrent d’aider leurs souverains au grand soulagement de ceux-ci. Ils cherchèrent ensemble durant de longues heures une solution. La chambre resta fermée tout au long de leur réflexion. Ils étaient sur le point de crier forfait et de sortir quand soulagée, la reine trouva une possibilité.

Elle avait du abattre plusieurs barrières avant de la découvrir. Elle avait affronté le fait que leurs filles pouvaient se ressembler comme deux gouttes d’eau, tout comme elles pouvaient être très différentes, comme le est des soeurs nées de deux naissances consécutives. Etant donné que les doubles naissances étaient interdites depuis si longtemps, elle s’était basée sur des vieilles légendes, datant d’un règne encore plus vieux que celui des sorciers. Les écrits de cette époque avaient été détruits pour la plupart, mais quelques restes avaient échappé à la vigilance des anciens dictateurs. Ainsi, la reine était dans la possibilité de prévoir des obstacles qui auraient causés la perte de son enfant. Heureuse d’avoir eu la curiosité de s’intéresser à ce passé dans sa jeunesse qu’on avait par tous les moyens tenté de lui cacher, elle soupira de soulagement.

En plus, elle avait du adapter son idée au fait qu’elle et son mari voulaient la voir grandir. Toutefois, avec ces deux conditions, il ne fallait en aucun cas attirer les soupçons qui s’avéreraient fatals.

Le roi promit à son épouse de faire tout en son pouvoir pour modifier ces lois indignes du nouveau régime. Il attendit avec impatience l’explication de sa femme qui avait les yeux fixés sur le landau. Il la pria de tout raconter au plus vite car le temps leur manquait. Elle regarda son mari pour se donner du courage et commença à dévoiler son plan.

Elle décréta que la meilleure façon de cacher une fille était qu’elle paraisse aux yeux de tous pour un garçon. Ses auditeurs acquiescèrent sans comprendre où elle souhaitait en venir. Elle désirait faire passer Cristal sous la forme d’un homme que tout le monde surnommera l’Elu grâce à la rumeur que les nourrices se chargeront de propager. Sa fille s’appellera Cris à la place de Cristal et assurera la protection de la princesse Ida. Elle aura le grade de Général, mais en attendant, elle suivra un entraînement sérieux et très difficile. Elle deviendra la meilleure des guerrières sous les traits d’un homme sans que personne n’en sache rien.

En attendant qu’elle soit prête à assurer sa réputation, elle sera cachée comme le sont chaque héritier ou héritière avant leur prise de pouvoir. Le seul inconvénient sera le visage de la jeune fille qui devra continuellement être caché derrière un masque.

Pour plus de sécurité, la fillette ne verra jamais son visage. Elle se croira l’enfant du meilleur officier du royaume, mais les filles n’étant aucunement acceptées dans la garde royale, elle pensera que son masque servirait seulement à recouvrir les traits fins de son visage.

Aux yeux du monde, le port du masque sera expliqué par le fait que défiguré, il ne voulait pas heurter la sensibilité de la princesse. La rumeur courra qu’il était ainsi depuis qu’il l’avait sauvée au péril de sa vie d’un terrible incendie.

Les cinq nourrices et le roi estimèrent l’idée excellente. Le souverain fit jurer aux domestiques de garder à tout jamais le secret sur cette comédie. En effet, elles devaient inventer une excuse valable expliquant leur sortie tardive ce qu’elles trouvèrent rapidement.

Le souverain alla présenter Ida à la cour congédiant avant les nourrices, sauf Anna qui empêchait Cristal de pleurer. Il ne resta pas longtemps car la petite hurla à tue-tête réclamant sa soeur. Avant de partir, Michel prétexta que la princesse avait faim. Sa courte visite ne suscita heureusement aucun commentaire. Il rentra, tremblant à cause de la peur qu’il avait ressentit tout au long de l’entretien. Il avait eu la sensation que la visite avait duré des heures alors qu’ils n’y étaient restés que quelques minutes. Par chance, la supercherie ne fut pas décelée. Si Cristal s’était mise à pleurer, ce qu’elle fit au retour de sa soeur, ça aurait été la fin de la tromperie car tout le monde aurait su la vérité.

Une jumelle était là…

La séparation fut très dure, autant pour les adultes que pour les nourrissons. Elizabeth vociféra les pires des insultes sur cette loi, en embrassant Cristal. Elle répétait et répétait en regardant les beaux yeux de sa fille que cette loi était cruelle et idiote à la fois, mais elle était tout de même heureuse d’avoir évité le pire.

Anna prit la fillette dans ses bras et sortit par l’un des nombreux passages secrets du château qui démarrait de la chambre royale pour finir dans une des cours. Elle était chargée de l’élever en la considérant comme son propre enfant.

C’était une femme meurtrie par les années, elle était petite et arrondie mais son visage montrait un être de coeur. Elle était incapable de faire le moindre mal même si elle n’avait pas la chance d’être d’une très grande beauté. Elle possédait malgré son physique peu avantageux et sa forte voix, une superbe chevelure rousse qui brillait sous le soleil éclatant. Elle sera une très bonne mère pour la princesse.

Les bébés durent sentir le danger car ils se mirent aussitôt à hurler comme pour montrer leur mécontentement. Elizabeth eut beaucoup de mal à calmer Ida, tout comme Anna qui avait des problèmes avec l’autre. Les jumelles souffraient autant, sinon plus, que leurs parents qui avaient, malgré leur éducation, beaucoup de mal à cacher leur peine. L’unique consolation qu’ils avaient était celle de savoir leur fille vivante.

Enfin…

Pour l’instant, elle était hors de danger. Il ne restait plus qu’à attendre la suite. Le destin leur dictera sa loi. Ils ne pouvaient qu’espérer…

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Commentaires (2)

2 Commentaires à “ Un visage Ss Image 1 ” »

  1. Mme Delarue dit :

    A quand la suite…viiiiiiiiiiite!!

  2. Mme Delarue dit :

    Dès le début, l’histoire est vraiment passionnante… surtout avec le mythe autour des doubles naissances où le second né n’est composé que des restes du premier.

    Je me demandais: est-ce de la pure fiction? est-ce tiré de vieilles croyances?

    En tout cas dès le premier chapitre, l’histoire est « clairement » annoncée et promet d’être complexement palpitante! Et probablement très émouvante également car je sais que le thème des jumelles te tient à coeur…

    En bref je dirais juste: j’adore!

    Demandez vite à Claire pour avoir la suite…

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