( 4 novembre, 2007 )

L’espace d’une vie I

Prologue

- Moeve n’était pas une fille comme les autres. Elle aimait la vie sans tout à fait en profiter. Tout le monde l’estimait, mais personne ne la connaissait vraiment. Elle ne se dévoilait que très rarement. Pour moi, c’était la même chose et pourtant, on était très proche. Elle était à part, elle se complaisait dans la solitude… Une sorte de barrière semblait la protéger de tous sentiments. C’était ma meilleure amie, je l’aimais et l’admirais. Quand j’ai su la comprendre, il était trop tard, elle n’était plus de ce monde… La jeune femme replongea dans ses pensées. Un flot de souvenirs s’imposa à elle. Une grande souffrance se dessina sur son visage. Elle avait perdue son amie de toujours. Son émotion allait au-delà de ce qu’on pouvait imaginer. Acquérir l’amitié de Moeve avait bouleversé sa vie. Le jugement de cette dernière était intraitable. Elle portait son estime aux seules personnes capables de rester digne dans les situations difficiles. Elle parvenait à cacher ses pensées à ses pires ennemis. Maria avait beaucoup appris à ses cotés, elle était liée par des secrets inavouables.

Elle paraissait douce et soumise à la fois et pourtant ce visage en cachait un autre. Les deux jumelles qui lui faisaient face buvaient ses paroles. Elles ne savaient rien de la vie cachée de Maria. Elles considéraient leur tante Maria comme une femme à la forte personnalité. Mais l’ombre de Moeve Durant avait toujours plané sur leur vie. Maria avait toujours regretté que cette grande dame ne soit pas présente dans leur vie. A ses yeux, les deux jeunes filles n’auraient pas pu trouver meilleur modèle.

Maria pensa au passé auprès de cette femme. Elle s’évada dans ses souvenirs qui lui semblaient si loin et qui restait pourtant si vivace dans son cœur. Elle soupira de tristesse et reporta son attention sur la situation présente. Elle écouta avec plaisir les chamailleries des deux jeunes filles. Celles-ci ne se rendirent pas compte de ce moment d’inattention. Elles étaient trop préoccupées à imaginer la suite des propos de leur tante.

- Tante Maria, racontes-nous. Nous avons seize ans maintenant. Tu nous a promis de nous raconter se que tu sais sur notre mère.

Elles parlaient en même temps sans s’en rendre compte comme cela arrivait souvent. Elles babillaient impatiente de savoir la suite. Elles avaient imaginé tous les scénarios possibles sans se douter des conséquences qui allaient découler des propos de Maria. Elles vivaient leur enfance insouciante. Pourtant elles allaient connaître un grand bouleversement car elles devront faire face à la vie. Alors qu’elles ne devaient se préoccuper que les garçons qui allaient sortir avec elles, elles feront face à des horreurs inimaginables.

Contrairement à Moeve qui n’avait jamais eut de véritable enfance, Blanche et Sarah avaient été parfaitement protégées. Elles étaient loin d’imaginer leur destinée.

Elles ne connaissaient pas la portée des paroles qui allaient suivre. Leur proche avenir naissait à ce moment-là…

Elles n’avaient qu’une chose à l’esprit, leur soif de savoir. Elles grandissaient avec le souvenir de l’âme d’une femme à la beauté ensorcelante mais on leur cachait des vérités. Elles attendaient ces révélations avec joie. Celle qu’elles avaient appelée « maman » était un mystère pour elles. Pourquoi ? Elles savaient qu’elle n’était pas leur vraie mère mais leur marraine. Cependant, pourquoi autant de mystère ? Leur prétendue tante ne leur avait jamais caché la vérité, elle avait toujours pensé que se serait plus facile pour les petites en agissant ainsi.

Elles appréhendaient les aveux tant attendus, mais elles prirent sur elles-mêmes en restant calmes ce qui surprit agréablement Maria.

- Oui, je vais tenir ma promesse. Néanmoins, il faudra que vous soyez très attentives, et cela pendant un long moment. L’histoire que je vais vous raconter n’est pas un conte de fée. Ce ne sera pas toujours ainsi mais il faudra rester attentives jusqu’au bout.

Maria avait la quarantaine mais son âge n’entamait en rien sa beauté. Les traits fins de son visage démontraient sa force de caractère mais aussi une très grande bonté. Elle ne montrait aucune trace de timidité ce qui était loin d’être le cas dans sa jeunesse. Les années avaient fait d’elle une autre femme.

Dans son adolescence, elle avait de beaux cheveux châtains. Mas aujourd’hui, même s’ils étaient toujours aussi soyeux, des mèches grises étaient de plus en plus visibles. Elle était habillée comme à l’accoutumée d’un tailleur crème mettant ses forme en valeur par sa simplicité. Elle conservait sa fine taille et une agilité montrant qu’elle prenait grand soin de son corps.

De leur côté, les jeunes filles étaient vêtues avec simplicité. Leurs vêtements, beaucoup plus décontractés, étaient au goût du jour. Ils rehaussaient l’innocence qu’exprimait leur visage. Elles paraissaient plus jeunes, mais cela en rajoutait à leur charme qui embellissait avec le temps.

Maria conversait avec Blanche et Sarah avec un très grand sérieux. Elle prenait couramment cet air-là quand elle travaillait, mais ce n’était pas dans ses habitudes de le faire avec les filles. Avec elles, Maria avait toujours fait preuve de calme et cela quelques soit la situation.

La pièce dans laquelle elles discutaient n’était autre qu’un immense salon, meublé dans un style très ancien. Les meubles sentaient la cire et le feu crépitait. Les trois femmes évoluaient dans un décor de rêve. Trop habituées à y évoluer, elles ne se rendirent pas compte qu’elles erraient dans un autre temps. Ce cadre aurait pu garder toute sa magie si une télévision, une chaîne, des lampes, n’avaient pas été visibles. Leurs présences montraient le début d’une nouvelle ère.

Maria et son mari étaient venus s’installer sept ans plus tôt au château pour s’occuper des jumelles. Ils avaient préféré venir y vivre plutôt que de les sortir de leur refuge. Elles y étaient en sécurité. Ils auraient préféré vivre dans leur chez eux plutôt que chez Moeve mais le secret qui protégeait cette demeure ancestral permettait de cacher les deux petites.

Le jour où les filles étaient entrées dans leur vie, elles étaient devenues leur priorité…

Moeve était loin d’avoir eu que des amis. Elle avait énormément d’ennemis dus à une vie très mouvementée et très compliquée. Ces derniers auraient donnés n’importe quoi pour ce venger sur deux innocente enfant simplement parce qu’elles était les filles adoptives de Moeve Durant. Cette femme avait été la meilleure et sa réputation conservée même dans la morte les rendait furieux car malgré sa disparition son ombre erraient et protégeât ceux qu’elle avait aimés durant sa courte vie.

Blanche et Sarah ne savaient rien du danger qui les guettait derrière ses murs. Elles n’avaient aucune idée de ce qu’elles représentaient pour certains individus. A peine sortit de l’ombre, certains voudront les tuer par représailles et d’autre voudront qu’elles prouve qu’elles sont les dignes filles de Moeve. Depuis leur plus jeune âge, elles vivaient paisiblement dans cette demeure sans ce douter une seconde que c’était l’endroit le mieux préservé du monde. Cette splendeur conservée par une seule famille appartenait à la célèbre Moeve Durant et pourtant personne ne le sait.

Personne n’avait vraiment connu Moeve à part les personnes très proches. Elle avait toujours fais en sorte de cacher ses pensées. Elle laissait délibérément planer le secret sur son cœur. Maria avait aimé cette femme des leur première rencontre car elle avait sur la voir elle et non, la pauvre jeune fille apeurée.

Maria ne savait pas par où commencer. Elle aurait tellement voulu que son âme soit à ses coté rassurante par sa seule présence. Elle avait acquis de l’expérience en beaucoup de domaine, mais elle détestait l’idée de faire de ses filles des femmes en l’espace de quelques secondes car c’est ce qui allait ce passé. Comme elle, elles apprendront que grandir peu parfois aller très vite et que les illusions disparaissaient rapidement. Les jumelles ne connaissaient leur seconde mère qu’en façade. Pour elles, c’était une femme magnifique qui avait trouvé la morte trop tôt dans des conditions mystérieuses. Mais cela restait que la surface, rien de cela n’était Moeve. Les deux enfants apprendront des secrets douloureux et elles seront enfin toute la vérité.

Moeve Durant n’était pas comme les autres. Elle avait eu des hauts et des bas dans sa vie et un cercle restreints d’amis. Elle avait connu la douleur plus que tout autre peut être et pourtant, elle avait tenu bon et elle était resté la tête haute. Les ressources dont elle fut capable dans sa vie étaient inhumaines aux yeux de Maria qui avait toujours admiré cette femme.

Comment faire comprendre les différente facette de Moeve sans rien oublier ?

Maria désespérait de trouver une solution quand celle-ci s’imposa d’elle-même. Le journal… Qui de mieux placé pour raconter les pensées de Moeve que celle-ci en personne ? Bien sûr, elle devra ajouter des détails mas c’était la meilleure des bases pour commencer. Ainsi les jumelles auront une meilleure idée de la vie trépidante de leur seconde maman.

Maria se leva et alla chercher l’objet de ses pensées. Elle sortit un vieux cahier du tiroir du bureau avec délicatesse comme si elle transportait un fabuleux trésor. Pour son cœur s’en était un mais les filles ne comprenaient pas pour elle prenait autant de précaution. Elle se rappela mille choses en prenant cet objet dans ses mains. Elle se rendait compte que sans cette femme, sa vie aurait été bien ennuyeuse. Elle n’en voulait pas à Moeve de l’avoir fait entrer dans cette vie trépidante et dangereuse. Elle avait eu de belles frayeurs dans certaine situation mais dans cette vie à part elle avait rencontré son époux et elle ne pouvait imaginer sa vie sans lui.

Maria ouvrit avec délicatesse le livre et en sortit une feuille de papier à lettre usagée. Elle leva les yeux vers les deux jeunes filles qui ne cachaient pas leur impatience. Ces dernières ne comprenaient pas pourquoi leur tante prenait autant de temps pour commencer son histoire. Comprenant leur hâte, Maria commença :

- Voici le journal de Moeve qu’elle a remplis durant de sa vie. Elle y raconte les moments fort de sa vie. Je l’ai reçu le lendemain de sa mort pour que je puisse vous raconter son histoire sans buter sur des fais qui me son inconnu comme le fait que vous êtes rentré dans sa vie. Je sais qu’elle vous a adopté mais le pourquoi m’était inconnu. Certains ne devait pas être révélé sans risquer de mettre des vis en danger dont les votre.

Ces paroles mystérieuses intriguèrent les deux jumelles. Elles résonnaient dans leur tête car elles ne voyaient pas pourquoi, elles auraient été en danger. Elles gardaient le silence mais elles se posaient de nombreuses questions. Maria le vit sur leur visage alors elle poursuivit :

- Dans sa lettre, Moeve m’a demandé de vous taire la vérité jusqu’à ce que vous atteigniez vos seize ans. Je me devais de respecter ces dernières volontés et même si cela vous en a coûté vous avez respecté mon silence. Moeve a dut grandir trop tôt alors elle ne voulait pas qu’il en soit ainsi pour vous. Elle estimait de son devoir de vous protéger jusqu’au bout même dans la mort.

Les deux jeunes filles acquiescèrent car elles acceptaient la décision de Maria mais elles ne comprenaient pas où elle voulait en venir. Elles s’imaginaient que la mort de leurs parents était entourée d’un grand mystère et que les journaux de l’époque étaient au dessous de la vérité. Elles avaient respecté la décision de Maria mais elles faisaient des recherches en cachette sur leurs vrais parents et sur Moeve Durant et ce qu’elles avaient lue dans les journaux de l’époque n’était un secret pour personne alors les jumelles pensaient qu’un secret n’avait pas été révélé aux médias… Mais elles se demandaient pourquoi Moeve avait pris autant de précaution pour le cacher et de quel danger il fallait les protéger. Maria savait tout mais elle avait laissé les filles faire car elle savait que la vérité était bien gardée et que leurs découvertes ne feraient que les conforter dans l’idée que les révélations de Maria serait d’une nature plus mystérieuse. Blanche et Sarah n’avaient pas idées de ce qui les attendait. Elles pensaient que Moeve était ce que les médias avaient narré tout en vouloir en savoir plus sur elle. Avec une extrême attention, elles écoutèrent Maria commencer :

- Moeve commença ce journal à l’âge de dix-sept ans… C’était en 1975…

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Commentaires (2)

2 Commentaires à “ L’espace d’une vie I ” »

  1. MERLET Emily dit :

    C’est encore moi!!!

    En fait, tu pourras me faire passer les autres chapitres de ton livre « Mon enfant, Ma vie » qui ne sont pas accessibles sur Internet?

    Merci bcp!

  2. Delphine dit :

    Bonsoir!!!!

    J’aime beaucoup cette histoire « L’espace d’une vie ». Tu l’as écrit à 16 ans, mais déja, ton style est très agréable à lire!!!
    Dès que j’ai du temps, je lis d’autres histoires!!!

    Continue!!!

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